Quelques faits saillants de la région du Centre-du-Québec
A) Qui sont les jeunes interrogés?
375 jeunes vivant ou ayant vécu dans la région du Centre-du-Québec ont été interrogés. Ils avaient, au moment de lenquête, entre 19 et 35 ans (âge moyen : 26,8 ans).
Les trois quart (73,6 %) dentre eux vivaient dans la région du Centre-du-Québec (région 17), tandis que 77,1 % y étaient nés ou en Maurice (région 04), les deux régions nétant pas alors administrativement divisées.
43,5 % des répondants sont de sexe masculin, 56,5 % de sexe féminin.
Les deux tiers avaient un conjoint et six sur dix des autres sans conjoint avaient déjà vécu en couple.
29,9 % des répondants navaient jamais véritablement migré (non-migrants). Ils demeuraient encore dans le même village ou la même ville quà lâge de 15 ans, 16,5 % habitaient même encore chez leurs parents.
19,7 % des jeunes interviewés sétaient déplacés à lintérieur de la région (migrants intrarégionaux).
Le quart (26,4 %) des jeunes répondants avaient migré à lextérieur de la région (migrants extrarégionaux).
24 % étaient revenus dans la région après lavoir quittée pour une période de plus de six mois (migrants de retour).
57,0 % des jeunes interrogés avaient complété des études postsecondaires.
Les deux tiers avaient un emploi à temps plein ou à temps partiel lors de lenquête.
Les pères occupent surtout des emplois douvriers (58,1 %); les mères sont professionnelles (14,9 %), ouvrières (28 %) et ménagères (32,8 %).
Face à la situation économique, les jeunes interviewés sont plutôt optimistes :
29,8 % des jeunes affirment être impliqués dans les organisations et 76,8 % disent exercer des responsabilités dans leur milieu.
B) Partir
Lâge moyen au moment du départ du domicile familial est de 18,84 ans, mais plus de 34,7 % ont quitté avant lâge de 18 ans et 14,4 % ont quitté à lâge de 18 ans. À 21 ans, 86,3 % avaient quitté, à 25 ans, 97,7 %.
Pour 72,2 % des jeunes, le départ du foyer familial a signifié linstallation dans une autre localité que celle de leurs parents. Parmi ces jeunes, 39,8 % ont migré au sein de la région du Centre-du-Québec, 18,3 % en Mauricie, et 2,8 % à lextérieur du Québec.
Les raisons invoquées pour expliquer la première migration sont la poursuite des études (46,9 %), le désir de faire sa propre vie (37,6 %) et des raisons liées au travail (11,9 %). Parmi ceux qui sont partis pour étudier, 59,4 % lont fait pour des études collégiales et 27,3 % pour poursuivre des études universitaires.
Pour 87,5 % des jeunes, le départ de la maison a constitué un choix réfléchi. Même si 67,4 % estiment quils auraient pu rester chez leurs parents sils lavaient voulu, 76,3 % disent que cétait le temps de partir et que quitter na pas été chose difficile (84 %).
Pour 76 % des jeunes qui avaient migré, le premier déplacement aurait pu se faire vers un autre lieu que celui où ils se sont rendus.
Un peu plus de la moitié (50,2 %) des jeunes migrants avaient des amis au premier lieu daccueil; 35 % y avaient de la parenté et 28,1 % connaissaient déjà le quartier où ils allaient sinstaller.
La première migration se fait souvent seul : 66,8 % des jeunes migrants étaient partis seuls. Et lorsquon déménage avec dautres, cela se fait dans 70,8 % des cas avec des amis.
Pour 50,0 % des jeunes, le lieu de résidence au moment de lentrevue est définitif.
C) Revenir
62,3 % des jeunes qui ont quitté sont prêts à envisager de revenir dans leur municipalité dorigine si les conditions sy prêtent. La raison la plus fréquemment invoquée pour envisager ce retour est la perspective de se trouver un emploi.
Pour les jeunes qui sont revenus dans leur région dorigine, les facteurs ayant influencé ce retour sont principalement : le travail (64 %), la volonté de se rapprocher de leurs parents (52 %), le goût dêtre proche de leurs amis (44 %) et la possibilité davoir une maison à soi (42 %).
D) Les jeunes et la région du Centre-du-Québec
Il ny a pas de rupture radicale entre les jeunes qui ont migré et leur région dorigine. Ils y retournent en moyenne 12,2 fois mais la fréquence de ces retours est très étalée :
- 54,1 % ne retournent jamais;
- 9,8 % retournent entre 1 et 9 fois;
- 15,8 % retournent entre 10 et 19 fois;
- 20,2 % retournent 20 fois ou plus.
20,9 % des migrants disent fréquenter des gens provenant du même lieu queux.
62,7 % des jeunes migrants affirment être intéressés ou très intéressés par lavenir de la localité doù ils sont partis.
Les jeunes répondants ne jugent de façon négative quun seul aspect du milieu dans lequel ils ont grandi : ils estiment que les décideurs de la région ne bougent pas assez rapidement (52,8 %).
Certains aspects de leur région leur semblent plus positifs : il y a des écoles pour les enfants (92,2 %); les gens de la région ont le sens de lentraide (82,7 %); quelquun pourrait les aider à se trouver du travail (82,4 %); il y a de la place pour les jeunes (68,2 %); la population de la région nest pas trop âgée (65,3 %), ils ne croient pas quil y a un manque dactivités culturelles (62,7 %) ou de loisir (65,1 %); les générations plus âgées nexercent pas un contrôle trop fort (62,8 %).
De plus, 55,3 % des répondants ne considèrent pas que les services de santé sont déficients.
Le tiers seulement sont daccord quil y a manque de loisirs, dactivités culturelles et de place pour les jeunes.
88,3 % affirment que les jeunes peuvent participer au développement de la région.
E) Image de la région, préférences et valeurs
Pour les deux tiers, limage de la région est positive quant à la situation économique, les possibilités de travail, davancement, laide aux jeunes, la possibilité de services, etc.
À part égale, la ville moyenne et la campagne seraient le type de localité de résidence souhaité par un tiers des répondants.
En termes de valeurs dominent la croyance en la capacité de faire avancer la société, la «valeur intrinsèque» de lemploi, loptimisme en vie amoureuse, la stabilité avant le changement, le fait de simpliquer dans lentourage plutôt que de vivre en solitaire, le choix de garder toujours les mêmes amis plutôt que de changer constamment, la famille un peu avant les amis. Mais 10 % veulent garder les deux pôles des dichotomies.
Quant au loisir pris comme activité, se positionnent en ordre décroissant, de 86 % à 29 %, dans une liste de choix soumise aux répondants la musique, les amis, les responsabilités dans le milieu, lécoute de la télévision, les voyages de plaisir et limplication dans les organisations.
Professeur responsable : Jean-Louis Paré
Université du Québec à Trois-Rivières