Quelques faits saillants de la région de la Mauricie
A) Qui sont les jeunes interrogés ?
307 jeunes vivant ou ayant vécu dans la région de la Mauricie (région 04) ont été interrogés. Ils avaient, au moment de lenquête, entre 19 et 35 ans. Lâge moyen est de 26,7 ans.
Au moment de lenquête, les quatre cinquièmes (82,1 %) dentre eux vivaient dans la région de la Mauricie (région 04), tandis que 78,2 % y étaient nés ou au Centre-du-Québec (région 17), les deux régions nétant pas alors administrativement divisées.
46,3 % des répondants sont de sexe masculin, 53,7 % de sexe féminin.
Les deux tiers ont un conjoint et, pour le dernier tiers, également les deux tiers ont déjà vécu en couple.
30,9 % des répondants navaient jamais véritablement migré (non-migrants). Certains demeuraient encore dans le même village ou la même ville quà lâge de 15 ans alors que dautres (16,6 %) habitaient encore chez leurs parents.
30,9 % des jeunes interviewés sétaient déplacés à lintérieur de la région (migrants intrarégionaux).
Le quart (27,1 %) des jeunes répondants avaient migré à lextérieur de la région (migrants extrarégionaux).
15 % étaient revenus dans la région après lavoir quittée pour une période de plus de six mois (migrants de retour).
36,9 % des jeunes interrogés avaient complété des études secondaires, 33,3 % des études postsecondaires (collégiales) et 20,3 %, de niveau universitaire.
Plus des deux tiers (72,3 %) avaient un emploi à temps plein ou à temps partiel lors de lenquête.
Les pères occupent, pour la moitié dentre eux (49,2 %), des emplois douvriers; les mères sont professionnelles (13 %), ouvrières (25,1 %) et ménagères (37,1 %).
Face à la situation économique, les jeunes interviewés sont plutôt optimistes :
30,6 % des jeunes affirment être impliqués dans les organisations et 77,5 % disent exercer des responsabilités dans leur milieu.
B) Partir
Lâge moyen au moment du départ du domicile familial est de 19,35 ans, mais plus de 28,4 % ont quitté avant lâge de 18 ans et 20,6 % ont quitté à lâge de 18 ans. À 21 ans, 78,2 % avaient quitté et à 25 ans, 96,1 %.
Pour 68,9 % des jeunes, le départ du foyer familial a signifié linstallation dans une autre localité que celle de leurs parents. Parmi ces jeunes, 59,5 % ont migré au sein de la région de la Mauricie (région 04), 13 % à Montréal, 7 % à Québec, 5 % au Centre-du-Québec et 4 % à lextérieur du Québec.
Les raisons invoquées pour expliquer la première migration sont le désir de faire sa propre vie (42,7 %), la poursuite des études (40,7 %) et des raisons liées au travail (12,3 %). Parmi ceux qui sont partis pour étudier, 64,5 % lont fait pour des études collégiales et 26,4 % pour poursuivre des études universitaires.
Pour 89,1 % des jeunes, le départ de la maison a constitué un choix réfléchi. Même si 78,9 % estiment quils auraient pu rester chez leurs parents sils lavaient voulu, 80,5 % disent que cétait le temps de partir et que quitter na pas été chose difficile (80,8 %).
Pour 78,1 % des jeunes qui avaient migré, le premier déplacement aurait pu se faire vers un autre lieu que celui où ils se sont rendus.
Un peu plus de la moitié (55 %) des jeunes migrants avaient des amis au premier lieu daccueil; 39,3 % y avaient de la parenté et 31,3 % connaissaient déjà le quartier où ils allaient sinstaller.
La première migration se fait souvent seul. En effet, 58,8 % des jeunes migrants étaient partis seuls. Et lorsquon déménage avec dautres, cela se fait, dans70,1 % des cas avec des amis.
Pour 47,6 % des jeunes, le lieu de résidence au moment du sondage est définitif.
Pour 30 % des migrés, ce premier départ fut suivi dautres migrations.
C) Revenir
67,6 % des jeunes qui ont quitté sont prêts à envisager de revenir dans leur municipalité dorigine si les conditions sy prêtent. La raison la plus fréquemment invoquée pour envisager ce retour est la perspective de se trouver un emploi.
Pour les jeunes qui sont revenus dans leur région dorigine, les facteurs ayant influencé ce retour sont principalement : le travail (70,2 %), la volonté de se rapprocher de leurs parents (43,9 %), le goût dêtre proche de leurs amis (42,1 %) et la possibilité davoir une maison à soi (35,1 %).
D) Les jeunes et la région de la Mauricie
Il ny a pas de rupture radicale entre les jeunes qui ont migré et leur région dorigine : un cinquième y retourne plus de 10 fois par année et un autre cinquième sy rend de 1 à 10 fois. Quant aux autres, on peut imaginer quils retournent sur une base irrégulière ou moins fréquente.
25 % des migrants disent fréquenter des gens provenant du même lieu queux.
68,4 % des jeunes migrants affirment être intéressés ou très intéressés par lavenir de la localité doù ils sont partis.
Les jeunes répondants ne jugent de façon négative quun seul aspect du milieu dans lequel ils ont grandi : ils estiment que les décideurs de la région ne bougent pas assez rapidement (58,1 %).
Certains aspects de leur région semblent plus positifs : il y a des écoles pour leurs enfants (89,1 %); les gens de la région ont le sens de lentraide (81,8 %); quelquun pourrait les aider à se trouver du travail (81,4 %); il y a de la place pour les jeunes 58 %); ils ne croient pas quil y a un manque dactivités culturelles (55,1 %) ou de loisir (62 %); la population de la région nest pas trop âgée (54,5 %) et les générations plus âgées nexercent pas un contrôle trop fort (55,2 %).
De plus, 51,8 % % des répondants ne considèrent pas que les services de santé sont déficients.
Le tiers seulement sont daccord quil y a manque de loisirs, et les deux cinquièmes quil manque dactivités culturelles et de place pour les jeunes.
88,8 % affirment que les jeunes peuvent participer au développement des régions.
E) Image de la région, préférences et valeurs
Pour les deux tiers, limage de la région est positive quant à la situation économique, laide aux jeunes, la possibilité de services, et pour la moitié, quant aux possibilités de travail, davancement, etc.
À part égale, la ville moyenne et la campagne seraient le type de localité de résidence souhaité par un tiers des répondants, alors que la banlieue en attirerait un cinquième.
En termes de valeurs dominent la croyance en la capacité de faire avancer la société, la priorité à un emploi intéressant sur un emploi stable ou bien rémunéré, loptimisme en vie amoureuse, la stabilité avant le changement, le fait de simpliquer dans lentourage plutôt que de vivre en solitaire, le choix de garder toujours les mêmes amis plutôt que de changer constamment et la famille un peu avant les amis. Mais, de 4 % à 10 % veulent garder les deux pôles des dichotomies.
Quant au loisir pris comme activité, se positionnent en ordre décroissant, de 84 % à 31 % dans une liste de choix soumis aux répondants la musique, les amis, les responsabilités dans le milieu, lécoute de la télévision, les voyages de plaisir et limplication dans les organisations.
Professeur responsable : Jean-Louis Paré
Université du Québec à Trois-Rivières