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DE SINGLY, François, « How to put an end or not to youth », Youth Studies Magazine, no 71, 2005, p. 107-117. Thèmes : individu, transition vers l’âge adulte, modernité, France. Résumé L’auteur s’intéresse aux limites d’âge de la jeunesse, devant le flou entourant les frontières entre les âges. Il souhaite montrer, à partir de la théorie de l’individualisme et de l’individualisation dans les sociétés modernes avancées, les difficultés qu’implique une définition de la fin de la jeunesse, dans un contexte où l’identité se construit au sein de logiques divergentes : l’univers éducationnel contrôlé par les parents et l’expression du Soi qui relève de l’individu. L’auteur se concentre sur la période faisant référence à la seconde phase de la modernité ayant débuté dans les années 60, où tous les individus doivent être « individualisés », c’est-à-dire qu’ils doivent montrer certaines compétences personnelles. Parmi celles-ci, il en retient trois : une certaine distance par rapport aux parents, une certaine cohérence entre l’indépendance et l’autonomie et une formation permanente du Soi. Concernant la séparation du jeune d'avec les parents, l’auteur souligne que quitter la jeunesse signifie avoir complété la construction du Soi, impliquant une distanciation par rapport à l’identification comme fille ou fils et un processus d’émancipation menant à une plus grande autonomie, valeur promue dans les sociétés modernes avancées. Il note toutefois que l’impératif de « l’individu individualisé » engendre de nouvelles formes pathologiques. Avec l’importance accordée à la psychologie de l’existence, une des sources pouvant expliquer les malaises ressentis par l’individu peut se trouver dans un degré de « désaffiliation » insuffisant à l’égard des parents. Par rapport à l’indépendance et à l’autonomie qui constituent deux dimensions du processus d’individualisation, l’auteur souligne qu’il existe une certaine dissociation entre l’autonomie et l’indépendance, deux notions qui, à son avis, sont souvent confondues et considérées comme étant équivalentes. C’est à partir de la distinction entre les notions d’autonomie et d’indépendance que l’auteur propose de définir la jeunesse en cette seconde phase de la modernité : période de la vie où les deux dimensions de l’individualisation sont séparées l’une de l’autre. Ainsi, les jeunes peuvent avoir une certaine autonomie sans être indépendants. Or cette dissociation ne vient pas rompre le lien existant entre ces deux dimensions, lien qui autorise l’individu à être autonome parce qu’il acquiert une plus grande indépendance et les moyens de transformer temporairement son environnement social. La dernière compétence personnelle retenue par l’auteur, c’est-à-dire la construction du Soi, fait référence à la définition de la catégorie « adulte ». Il souligne que deux visions se confrontent au plan théorique et idéologique dans la seconde phase de la modernité. Pour les défenseurs de la première vision, la définition d’un adulte correspond à une existence « normale » impliquant des stages institutionnels successifs jusqu’à l’âge adulte. La seconde vision quant à elle suggère que les limites d’âge définies dans les diverses institutions soient redéfinies, notamment l’âge légal pour exercer le droit de vote. Simon Houle, 15 mai 2006. |