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MILLET, Mathias et Daniel THIN, « "Ruptures scolaires" et "déscolarisation" des collégiens de milieux populaires : parcours et configurations », Groupe de Recherche sur la Socialisation, Université Lumière Lyon 2, France, 2003, 429 p. Thèmes : cheminements scolaires, parcours scolaire, déscolarisation, abandon scolaire, France. Résumé Cette enquête porte sur les difficultés scolaires rencontrées par les collégiens des milieux populaires. Les auteurs souhaitent reconstruire les parcours et les configurations pouvant conduire aux "ruptures scolaires" et à la "déscolarisation" chez ces jeunes. Tout au long de la recherche, ils s’efforcent de reconstruire les processus de "ruptures scolaires" et de "déscolarisation" comme le produit de l’articulation entre la vie familiale, la vie scolaire et la vie avec les pairs. La méthodologie choisie par les chercheurs comporte plusieurs étapes. Pour chaque collégien participant à l’enquête, les procédures suivantes ont été effectuées : le relevé des dossiers établis par les dispositifs-relais (service prenant en charge les collégiens en situation de ruptures scolaires et de déscolarisation), le relevé du dossier académique et social de l’élève, des entrevues en profondeur auprès d’une vingtaine de collégiens âgés entre 12 et 15 ans et des entretiens avec les parents ou le tuteur, des enseignants, les référents des collégiens dans les dispositifs-relais et des éducateurs. Au total, une centaine d’entrevues ont été réalisées. Les auteurs soulignent que l’analyse des dossiers et des divers entretiens « révèle plus prosaïquement […] que les collégiens en "ruptures scolaires" ne s’écartent guère des caractéristiques qu’ils partagent plus généralement avec les autres collégiens de leur milieu social (dont les situations scolaires ne sont pas nécessairement celles de la "rupture scolaire" » (p. 392). De plus, ils notent que les processus de "ruptures scolaires" résultent d’un processus de construction caractérisé par une réciprocité entre le rejet des collégiens par l’école et celui de l’institution scolaire par les élèves, dans une sorte d’enfermement circulaire et d’hostilité partagée. Ils remarquent également que les parcours de "ruptures scolaires" et de "déscolarisation" se situent à mi-chemin entre la question scolaire et la question sociale : la question scolaire avec l’accroissement de la compétitivité et des classements scolaires; la question sociale avec la précarisation et la disqualification au plan économique et symbolique affectant notamment le groupe des ouvriers les moins qualifiés (milieux populaires). Document en ligne le 7 juin 2006 Simon Houle, 7 juin 2006. |