ROSSITER, Ben, Shelley Mallet, Paul Myers et Doreen Rosenthal, Living Well ? Homeless Young People in Melbourne, The Australian Research Centre in Sex, Health and Society, La Trobe University, Melbourne, 2003, 39 pages.

Thèmes : santé, bien-être, consommation d'alcool et de drogues, mode de vie, utilisation des services, revenus, pratiques sexuelles, jeunes sans-abri de 12 à 20 ans, Australie.

Résumé

Les données présentées dans ce rapport mettent en évidence la complexité et la variété des situations vécues par les jeunes sans-abri au niveau de leur santé, de leur bien-être et de l'utilisation qu'ils font des services mis à leur disposition. Il montre également diverses stratégies utilisées par ces jeunes pour se débrouiller et se maintenir en vie. Les résultats obtenus s'inscrivent dans un vaste projet de recherche, le Projet i, fondé par le National Institute of Mental Health aux États-Unis et réalisé en collaboration avec the Australian Research Centre in Sex, Health and Society à l'Université de La Trobe à Melbourne et le Centre for Community Health à l'Université de Californie à Los Angeles. Les données présentées dans ce rapport concernent uniquement les jeunes de Melbourne; un questionnaire a été administré auprès de 403 jeunes sans-abri âgés de 12 à 20 ans, réalisé entre octobre 2000 et décembre 2001. Dans le cadre de cette recherche, « jeune sans-abri » signifie que le jeune a quitté son domicile pour une période de plus de 2 jours sans la permission de ses parents ou de son tuteur (s'il a moins de 17 ans) ou s'est fait demander de partir.

Faits saillants

  • Malgré une diversité ethnique importante, la majorité des jeunes rencontrés étaient nés en Australie;
  • Peu de jeunes habitaient directement dans la rue (7 %), la plupart habitaient soit dans un refuge pour jeunes (36 %), avaient un arrangement à moyen terme (32 %) ou demeuraient chez des amis (26 %);
  • Près de 38 % des jeunes interrogés fréquentaient encore l'école ou une institution d'enseignement. Cependant, depuis qu'ils sont sans-abri, 46 % avouent y aller moins souvent et 10 % affirment avoir été expulsés, suspendus ou, au cours des trois derniers mois, on leur a demandé de quitter l'école;
  • Le niveau et l'absence de revenu, ainsi que leur incapacité à obtenir des allocations (Youth Allowance) est particulièrement alarmant. La majorité n'ont pas d'emploi stable (85 %) et pour subvenir à leurs besoins, ils prêtent sur gage ou vendent leurs biens (31 %), empruntent de l'argent à leurs amis (30 %), vendent de la drogues (23 %), volent ( 16%) ou mendient (13 %);
  • Même si la majorité des jeunes se disent en bonne ou en excellente santé, plusieurs souffrent de dépression, d'anxiété, ont fait des tentatives de suicide, consomment de l'alcool et de la drogue (26 % ont consommé de l'héroïne au cours des trois derniers mois);
  • Les personnes rencontrées étaient actives sexuellement à un plus jeune âge que leurs pairs qui ont un domicile fixe, avaient davantage de partenaires sexuels, de comportements sexuels à risque, de sexe involontaire et les filles avaient plus de chances de tomber enceinte;
  • Plusieurs jeunes ont affirmé rechercher de l'aide pour obtenir des services spécifiques lorsqu'ils en éprouvaient le besoin, particulièrement lorsqu'ils (ou elles) se retrouvaient dans la rue, avaient besoin d'un endroit où demeurer, tombaient enceintes ou avaient besoin de traitement pour le VIH.

Véronique Duval-Martin, 31 mai 2004