GREEN, Anne-Marie (éd.), Des jeunes et des musiques. Rock, rap, techno..., Paris et Montréal : L'Harmattan, 1997, 319 pages.

Thèmes : Jeunes, musiques, socialisation, identité, culture, France.

Résumé (de l'auteure)aa

En 1989, l'album « Bad » de Michael Jackson sort dans le monde entier le même jour : les ventes sont estimées à plus de cinq millions d'exemplaires durant cette seule journée. C'est un record historique qui nous montre l'importance qu'a pris la musique, dans la vie quotidienne, en cette fin de vingtième siècle. De tels événements ne sont pas sans modifier la vie musicale, c'est pourquoi on peut se demander, à propos des jeunes, ce que représentent leurs conduites musicales dans cet univers, particulièrement lorsqu'ils développent des réseaux et des groupes d'amis sur la base de goûts musicaux partagés. Au centre de ses réseaux, on trouve souvent des leaders d'opinion, des guides en matière esthétique qui s'expriment de manière privilégiée par l'intermédiaire de certains médias.

C'est par rapport à ce nouvel environnement social et culturel, et aux transformations de la vie musicale depuis une dizaine d'années, que les conduites musicales de certains catégories de jeunes et leurs relations à la musique sont examinées. Enfin, dans ce contexte, il s'agit de comprendre le regard que les adultes portent sur ces jeunes et les représentations qu'ils ont de ces conduites. Ce livre intéresse donc tous ceux qui sont interpellés par les faits musicaux et qui souhaitent comprendre ce monde musical dans lequel ils vivent quotidiennement.

Objectif : Les auteurs ont voulu vérifier l'hypothèse qu' « il existe un accord entre le comportement musical des adolescents et la culture musicale due à leurs origines sociales, ainsi qu'avec l'idéologie sous-jacente aux programmes de l'école. » p. 9

Méthodologie : Anne-Marie Green reprend un questionnaire fermé qu'elle a utilisé il y a une dizaine d'années et qu'elle a distribué aux adolescents des Lycées Professionnels de la région parisienne. Elle a intégré à son questionnaire les transformations techniques et les changements intervenus dans le paysage musical.

Éléments de conclusion

  • « Quasiment tous les jeunes, quelle que soit leur appartenance sociale, entretiennent une relation privilégiée avec la musique qui prend la forme d'une relation à la fois concrète et symbolique mais toujours entièrement vouée à l'émotionnel. » p. 293
  • Les conduites des jeunes « reposent sur des structures de projection et d'identification imaginaires et esthétiques; celles-ci constituent un support privilégié pour fédérer les préoccupations d'une communauté, voire d'une "culture de goût". L'appréhension du goût, et plus précisément du "bon", du "vrai" goût, est rendue possible par des repères souvent nets et précis, même s'ils ne sont pas toujours explicites. » p. 293
  • La musique est devenue le moyen le plus efficace pour capter l'attention des jeunes.
  • « Tant les styles musicaux appréciés par les jeunes, que les conduites qui y sont associées, séduisent autant qu'ils inquiètent le monde des adultes. » p. 294
  • L'ensemble des conduites musicales des jeunes, l'ensemble des faits musicaux juvéniles peuvent être considérés « comme un phénomène culturel dont l'importance en dernier ressort, tient moins à la production de fausse conscience et à la diversion qui transfigure l'existence banale de jeunes qui, dans toutes les classes de la société sont en quête de leur identité, qu'à la mise en œuvre par les jeunes eux-mêmes de stratégies de distinction consistant à affirmer leur existence. » p. 294
  • « Les faits musicaux dans leurs différentes variantes jouent à travers les représentations collectives qu'ils contribuent à engendrer, un rôle explicite tout à fait important dans le procès de socialisation des jeunes. Plus, ce rôle s'exerce transversalement à l'origine sociale, à l'âge, au sexe, au cursus scolaire. » p. 295