GAUTHIER, Madeleine, Mircea Vultur, Claude Trottier, « L’emploi chez les jeunes sans diplôme », dans Michel Venne (dir.), L’annuaire du Québec 2005, Fides, Montréal, 2004, p. 335- 339.

Thèmes : diplôme, cheminement scolaire, insertion professionnelle, stratégie, mesure d’aide, Québec.

Résumé

Dans ce texte, les auteurs exposent les faits saillants de leur étude sur les jeunes sans diplôme. L’équipe s’est intéressée à la situation professionnelle des jeunes qui ont quitté le secondaire ou le cégep avant d’avoir obtenu leur diplôme. Pour y parvenir, 98 jeunes, qui ont abandonné l’école cinq ans auparavant, ont été convoqués à des entrevues semi dirigées. Les auteurs nous font part de certaines observations.

Les participants à l’étude peuvent être classés selon quatre profils professionnels. La majorité des jeunes sondés occupaient un emploi stable, qui leur permettait de subvenir à leurs besoins et d’élaborer des projets tant sur le plan professionnel que personnel. La deuxième catégorie était composée de ceux qui sont en voie de stabilité. Certains occupaient un emploi depuis peu, et bon nombre d’entre eux avaient effectué un retour aux études afin d’obtenir les qualifications nécessaires à l’obtention d’un emploi. Un nombre important de la cohorte occupait un emploi précaire ou atypique, qui ne leur permettait pas toujours de couvrir les dépenses quotidiennes. Ces jeunes avaient souvent essayé plusieurs emplois, sans jamais connaître de stabilité. Enfin, le dernier type, qui comporte peu de participants, était composé de jeunes en marge du marché du travail. Pour des raisons de santé mentale ou physique, ces individus n’ont pas su conserver un emploi, et certains n’ont jamais intégré le marché du travail.

Cette typologie, qui dresse le portait de jeunes sans diplôme du secondaire, est comparable à la situation des jeunes qui ont cessé leurs études au collégial. Cette analyse permet d’affirmer que les jeunes qui ont quitté l’école sans obtenir de diplôme ne sont pas tous à risque. Ils sont nombreux à occuper un emploi gratifiant, qui leur permet de combler leurs besoins. Ce postulat ne signifie pas que le diplôme n’aide pas à l’insertion professionnelle, mais plutôt que les jeunes ont recours à diverses stratégies qui leur permettent de s’intégrer au marché du travail.

Les auteurs de l’étude se sont aussi intéressés aux mesures d’aide gouvernementale mises en place pour ces individus. Certains jeunes, qui n’ont jamais eu recours à ces mesures, n’hésiteraient pas à en bénéficier s’ils étaient mal pris. D’autres, qui se sont déjà tournés vers ce soutien, en ont retiré des bénéfices : cette aide leur a permis de développer des qualifications, de résoudre des problèmes personnels ou professionnels, tout en améliorant leur condition sociale et financière. À l’opposé, nombre de jeunes sondés sont méfiants ou indifférents à ces programmes d’aide. Certains ne connaissent pas ces ressources, considèrent qu’ils ne font pas partie de la clientèle cible et qu’ils peuvent se trouver un emploi par eux-mêmes. Compte tenu de la variété des situations, les mesures d’aide aux jeunes sans diplôme auraient intérêt à être diversifiées, pour s’adapter aux réalités diverses de ces jeunes.

Marie-Pierre Bourdages-Sylvain, 20 janvier 2005